Mon setup Claude Code
Un set-up qui a poussé par accumulation, et qui tient parce qu’il a été appris — pas copié.
Par accumulation, pas par plan
Je n’ai jamais dessiné cet atelier. Il a poussé. Un petit problème réglé, puis un autre, puis une convention qui se durcit parce qu’elle avait été oubliée deux fois de suite. Au bout d’un moment, ce qui ressemblait à des bouts de ficelle à côté de mes projets est devenu le projet d’à côté — celui qui tient tout le reste.
Je n’ai pas remarqué la bascule pendant qu’elle avait lieu. Je l’ai remarquée quand j’ai voulu en parler.
Le déclic public
À un moment, j’ai vu passer suffisamment de repos Claude Code étoilés sur les réseaux — Awesome Claude Code, des posts LinkedIn de praticiens — pour me dire une chose simple : si je veux être crédible sur l’IA, j’ai intérêt à partager ce que je fais avec.
Je ne prétends pas être dans une posture de pure générosité. Il y a une cible précise derrière : une audience LinkedIn, une marque personnelle en construction, un enjeu pro dans le poste actuel. Autant le dire. Le reste de cette histoire est plus intéressant si on pose ça d’emblée.
”Comment je m’approprie ça ?”
Chaque fois qu’un repo ou un post me semble pertinent, je colle le lien dans une conversation Claude.ai et je demande la même chose : comment je m’approprie ça ?
L’adjectif est important. Pas “comment je l’installe”, pas “comment je le traduis en français”. L’appropriation, c’est le filtre. Est-ce que cet outil résout un problème que j’ai déjà ? Est-ce qu’il s’accorde avec le reste ? Est-ce qu’il crée plus de friction qu’il n’en retire ?
Exemple récent : RTK, un outil qui réduit le nombre de tokens consommés par les commandes Claude Code classiques. Sur le papier, séduisant. En discutant avec Claude, on en est arrivés à overkill pour ton setup — la fenêtre de contexte était passée à 1M entre-temps, je suis sur un forfait, l’enjeu économique avait fondu. Choix assumé d’une approche lean : moins d’outils bien appropriés, plutôt que plus d’outils qui font presque le job.
Ce moment-là m’a appris que Claude est un bon gardien contre mon propre enthousiasme. Il m’a contredit. Il avait raison.
La crise qui a tout structuré
Un soir, je butais sur un bug de My Tsundoku. Après une recherche dans la bibliothèque, impossible de réordonner correctement les cartes de livres. Un truc bête en surface. Un truc beaucoup moins bête en profondeur.
Claude m’a livré un fix. Puis un deuxième. Puis un quinzième, avec confiance à chaque fois. Les logs parlaient d’eux-mêmes : à la quinzième ou vingtième tentative, la session était cramée et moi avec.
J’ai fini par taper la phrase magique : repars de zéro. Claude a ré-architecturé le composant et changé de librairie. Le bug est tombé.
La règle “après 2 échecs au même niveau, STOP” n’est pas née dans la panique. Elle est arrivée après coup, dans une conversation meta avec Claude.ai où j’essayais de comprendre comment éviter que ça se reproduise. C’est l’aveu qu’il faut faire : la règle est un post-mortem codifié, pas une intuition d’ingénieur expérimenté.
Je précise : en pratique, la règle n’est pas autonome. Il faut encore que je la rappelle, que je pressurise un peu Claude pour qu’il escalade plutôt que de retenter. Les modèles se sont aussi beaucoup améliorés depuis — les fixs arrivent plus vite, ce qui atténue le problème à la source. Honnêtement, une bonne partie du gain vient de là, pas de la règle.
Les agents, en trois vagues
Le système d’agents qui orchestre aujourd’hui mon atelier n’a pas été posé d’un coup. Il est arrivé en trois temps, chacun en réponse à un problème nommé.
Premier : implementer. Un agent pour déléguer l’exécution, et surtout pour gérer le routing des modèles — Haiku pour les audits passifs, Sonnet pour le boulot quotidien, Opus pour l’architecture. C’est la brique d’outil, avant toute idée de système.
Deuxième : troubleshooter. Directement après l’épisode My Tsundoku. Un agent qui n’a pas le droit d’écrire du code de production — sa seule mission, c’est diagnostiquer quand l’implementer s’est planté deux fois, et produire un plan que l’implementer pourra suivre. La règle et l’agent sont nés ensemble.
Troisième vague : portfolio-sync, docs-checker, portfolio-audit. Quand j’ai décidé de poser une couche de synchronisation et de gestion globale sur l’ensemble des initiatives. À ce stade, chaque projet avait un .portfolio.yml, chaque projet avait un README.md et un CLAUDE.md, et chaque projet dérivait à sa façon. Les trois agents répondent au même besoin : tenir la cohérence entre des univers qui veulent chacun vivre leur vie.
Les outils d’abord. Une règle pour réparer un incident. Un système pour tenir l’ensemble. C’est dans cet ordre-là que c’est arrivé, et je ne suis pas sûr qu’on puisse l’inverser.
Ce que ça fait, aujourd’hui
Si on me demande à un comptoir ce que cet atelier me permet de faire, je réponds trois choses :
- Des applications cohérentes entre elles — même exigence de qualité, mêmes conventions (dark/light mode, EN/FR, signature en pied de page), même manière de déployer, même respect des free tiers. 15 apps qui ressemblent à 15 apps, pas à 15 improvisations.
- Un portfolio qui raconte une histoire — la mienne, et celle de ce qui m’intéresse. Le pivot récent du portfolio vers des stories plutôt qu’une grille d’apps, ce billet en fait partie.
- Une expérimentation concrète de ce que l’IA change pour le développement. Pas une prise de position théorique. Du code qui tourne, des apps qui servent vraiment — ma femme sur Bas de Laine tous les jours, Léa sur Belle Forme — et un retour d’expérience qui se tient.
Pour toi, si tu veux t’en inspirer
Le repo claude-code-setup est public. Tu peux le cloner demain matin. Mais je n’appellerais pas ça la bonne idée.
Ce qu’il faut comprendre avant tout : ce setup contient mes marottes. Bilingue FR/EN parce que mon audience est des deux côtés. Dark/light mode systématique parce que j’y tiens. Signature “Made with care by William” parce que j’assume l’auteur. Tu n’as pas les mêmes marottes que moi.
Alors le vrai geste, c’est le même que j’ai fait avec tous les repos qui m’ont inspiré : colle le lien dans une conversation avec Claude, et demande — comment je m’approprie ça ? Liste tes propres marottes avant d’importer les miennes. Fais retirer ce qui ne te va pas. Fais ajouter ce qui te manque.
Les outils les plus solides de cet atelier, ce ne sont pas les agents ni les skills. Ce sont les conventions tenues dans la durée. Et les conventions, ça ne se clone pas — ça se choisit.
→ Le repo : github.com/w2ur/claude-code-setup